Histoire du territoire

Des Baronnies Provençales

Remarques Le informations proviennent d'acteurs locaux de notre territoire : de notre association, des communes de Nyons et des Pilles, de l'association "Histoire et Patrimoine du Nyonsais et des Baronnies", de l'office de tourisme des Baronnies en Drôme Provençale, de l'Office National des Forêts (ONF) et du syndicat de l'Olive de Nyons et des Baronnies. 

Ce site internet ne recense que les principales étapes de l'Histoire qui peuvent être en lien avec le TNB. Il n'a pas vocation à détailler l'histoire et le patrimoine du territoire.

  • Le TNB en connexion avec l'Histoire du territoire

Dans la Drôme, l'histoire de Nyons et du territoire des Baronnies Provençales a marqué l'environnement. Les participants de notre TNB vont pouvoir ainsi fouler l'Histoire de ces lieux ! En effet, nos tracés se localisent dans les milieux bâtis comme le centre du Vieux Nyons et à proximité des bâtiments historiques. Les participants traverseront aussi les milieux agricoles façonnés depuis toujours par les hommes emprunteront les sentiers de montagne des Baronnies Provençales

La découverte des paysages et de l'histoire est une partie intégrante du Trail et de notre TNB de -27 avant Jésus Christ (JC) à nos jours !

TNB18 TNB19

Copyright : TNB et Michel GAZEAUD

  • Les origines du nom de "Nyons" pendant la période Romaine (de -27 avant JC à 476 après JC)

A l'époque Romaine, le petit bourg de Noiomagus est la capitale de la tribu voconce des Noiomagenses. Il se trouve sur une voie romaine de circulation permettant de le relier notamment avec l'autre bourg actuel : Vaison-la-Romaine. L'influence des romains se traduit par la multiplication d'établissements agricoles dont des traces ont été relevées dans les champs aux alentours de Nyons.

Avec son climat ensoleillé, les romains pratiquaient principalement les cultures de lavande, d'olivier et de vigne. Ces produits sont reconnus de nos jours sous les appellations (AOP et AOC). De plus, célèbre pour ses olivers noirs, Nyons est considérée comme la capitale des olives de la Drôme. Ainsi, le nom latin du bourg "Noiomagus" devenu comme expression orale "Novo Magus" dont serait dérivé le nom « Nyons » peut se traduire par : « Nouveau marché ».

vignes ok olivers vignes

Copyright : Commune de Nyons et Office de Tourisme des Baronnies en Drôme Provençale

  • Durant le Moyen-âge (de 476 après JC à 1492) 
  • Le marché traditionnel de Nyons

Pendant la période Médiévale, la renommée de Nyons s’est construite autour de ses nombreux marchés qui attiraient beaucoup de personnes. Elles venaient principalement pour les parfums et les couleurs de lavande, de vin et d'olivier. En effet, les productions étaient axées autour de ces espèces en plus des autres cultures de fruits et légumes.

Ainsi, le marché traditionnel de Nyons a lieu chaque jeudi matin et ce jour reste inchangé. 

marche ancien marche actuel

Copyright : Commune de Nyons et Office de Tourisme des Baronnies en Drôme Provençale

  • Les Barons de Provence

Le territoire actuel des Baronnies Provençales tire son nom de la présence de Barons qui possédaient un titre de noblesse comparable à celui des seigneurs. Ainsi, les Barons de Mévouillon et de Montauban avaient acquis une certaine indépendance vis à vis de l'Empereur entre le XIème et XIIIème siècle avant de céder les Baronnies aux royaume de France. 

Durant cette époque médiévale, Nyons prospérait rapidement puisqu'elle avait reçu une charte lui permettant des avantages octroyés par les Barons.  

  • L'enclave des papes

Pendant cette période de Moyen-Âge, Rome connaît une période de lutte marquée par de violents affrontements. Déstabilisés et se sentant menacés, les Papes quittent Rome pour s’installer à Avignon en 1309 et fondèrent l'enclave des Papes. A l'époque, cette enclave accueillait la richesse financière et sociale venue de Rome.

Nyons était à proximité géographique de l'enclave des Papes, le bourg a pu se développer rapidement. C'est ainsi que de nombreux ouvrages et monuments furent construits en dehors du centre bourg médiéval (du vieux Nyons actuel). Sont concernés notamment la Place du Docteur Bourdongle (dite les Arcades) et le pont Roman

arcades nyons fort nyons

Copyright : Commune de Nyons et Office de Tourisme des Baronnies en Drôme Provençale

  • Le pont Roman de Nyons surplombant un cours d'eau Drômois

Concernant le Pont Roman, c'est un ouvrage de circulation de pur style roman qui passe au-dessus de la rivière l'Eygues (nomination actuelle). Il permet aux habitants d'aller du centre médiéval du village jusqu'aux berges en face de la rivière. 

Selon les plans des Frères Pontifes, la construction du pont a commencé en 1340 et s'est étalée pendant 70 ans (souvent retardée par un manque de financement). C'est l'évêque de Vaison-la-Romaine qui l'inaugura en 1409Jusqu'au milieu du XIXe siècle, on trouvait plusieurs ouvrages complémentaires du pont. Au milieu, prônait une tour carrée qui servait de péage mais qui fut enlevée au XIXème siècle. A chaque extrémité des rives se trouvait une chapelle. A droite (en allant dans le sens d'écoulement de la rivière), Saint-Sébastien et à gauche, Saint-Sixte.

Depuis 1925, le pont est classé monument historique. En 2019, il a eu 600 ans d'existence ! 

pont roman ancienne photo riviere NYONS

Copyright : Geneanet et TNB

Concernant le cours d'eau, l'origine du nom "Eygues" serait gauloise : "Eygar". Il signifierait une montagne du tonnerre car les orages provoquaient des crues désastreuses dans ce torrent. 

Par transmission orale, son nom serait devenu "Aygues" qui représenterait l'eau en provençal. Mais, durant les guerres de religions (au XVIème siècle), une modification orthographique du mot aurait été décidée pour délimiter les territoires des protestants et des catholiques. Le nom de la rivière aurait donc commencé par la lettre "A" pour un secteur et pour l’autre, par la lettre "E".

D'après les cartes topographiques et les données récentes, le cours d'eau est nommé "l'Eygues" dans la Drôme alors que dans le Vaucluse, il s'écrit "l'Aygues", "l'Aigues" ou "l'Aigue".

Dans tous les cas, c'est l'une des dernières rivières en tresse (en dehors des rivières situées dans les Alpes). Elle a un fonctionnement "naturel"  qui  tend à disparaître principalement à cause des impacts importants des activités humaines. 

  • La modification du paysage des montagnes visible au XIXème siècle (de 1800 à 1900)
  • Des pâtures à perte de vue

Dans les zones de grande ruralité comme en Drôme, l’activité agricole et sylvicole (de bois) dans les montagnes était très importante.

Le surpâturage du bétail et la coupe de bois ont provoqué une mise à nue progressive de la roche. Le déboisement des forêts s’est progressivement accéléré du XIII ème siècle jusqu’à la fin du XIX ème siècle.

Le déboisement couplé aux précipitations pluviométriques provoqua de nombreux dégâts. La végétation ne retenait plus le ruissellement de l'eau et les érosions du sol furent nombreux. Ainsi, les crues des cours d’eau provoquèrent des destructions importantes sur les bâtiments et les cultures. De nombreuses personnes moururent. De plus, les sols devenaient instables pour les pratiques culturales. Enfin, la biodiversité était également impactée tout comme la qualité de l’eau.

  • Le reboisement

Ainsi, pour limiter la fréquence et la gravité de ces aléas naturels, la construction (ou parfois la reconstruction) d’un couvert végétal est devenue nécessaire. Au XIXème siècle, l’Etat a instaurée trois lois successives sur la Restauration des Terrains en Montagne (RTM) en 1860, 1864 et 1882.

Elles définissent des périmètres d’expropriations de terres par l’Etat dans le but de les renaturer par des reboisements, regazonnements et restauration des terres. Mais, l’Etat s’est opposé aux mécontentements des populations locales pour diverses raisons. Cependant, des secteurs ont pu évoluer favorablement vers une renaturation.

reboisement

Avec l’arrivée de l’industrialisation au milieu du XIXème siècle, de nombreux secteurs ont pu se réarborer naturellement. C’est à dire que des matériaux ont remplacé l’exploitation de bois (le charbon, le pétrole et l’acier). De plus, l’élevage industriel en plaine s’est accru. Enfin, l’exode rurale (la migration des populations vers les centres urbains) ainsi que la déprise agricole ont accentué le reboisement.

  • L'évolution de la pratique culturale des oliviers au XXème siècle (de 1900 à 2000)

En France, l’hiver 1956 restera marqué dans le paysage agricole ainsi que dans la mémoire locale. Après un mois de janvier particulièrement doux, celui de février enregistre des records de gel allant jusqu’à -20 C° ! 

Ce froid était humide et de longue durée. Normalement, les oliviers supportent un froid sec pendant une courte période. Ainsi, leurs troncs éclatent sous l’effet du gel. La mortalité des arbres étant très importante, l'oléiculture locale était menacée. Donc, des oliviers furent remplacés par la plantation de vigne et d'arbres fruitiers (abricotiers, amandiers, cerisiers…).

Mais pour perdurer la production d'oléiculture, une nouvelle technique est pratiquée sur les arbres. Elle concerne principalement la taille des oliviers. Et cette technique fonctionna puisqu'ils reprirent vie ! L'olivier respecta donc sa dénomination en tant que "symbole de vie et de longévité".

olivier cueillette olivier journal

Copyright : syndicat de l'Olive de Nyons et des Baronnies / BM Avignon, Le Provençal

Cette taille était impulsée par le syndicat agricole de la Tanche créé en 1956 (la Tanche étant l'olive noire du terroir). En 1964se forme la confrérie des chevaliers de l’olivier. Actuellement, elle est toujours complémentaire au syndicat de la Tanche dans leurs missions principales : le développement agricole et la valorisation de l'oléiculture au près du public.

Après de nombreuses années, le travail des acteurs du territoire est récompensé. La production agricole est remontée et l’olive de Nyons devient une Appellation d'Origine Contrôle (AOC) en 1994 !